ADS : AG du samedi 07 avril 2012 – Rapport du Président

Mesdames et messieurs,

Chers invités, chers parents,

L’assemblée générale qui nous réunit aujourd’hui aurait dû se tenir en juin 2011. Du fait de la programmation des Journées Economiques et Culturelles pour fin décembre 2010, de commun accord, nous avons convenu d’y surseoir. Par la suite, nous nous sommes attelés au suivi du dossier affèrent à la contrepartie financière de l’Etat qui, jusqu’ici, n’a pas connu la suite escomptée.

Mesdames et Messieurs, chers parents,

Le 12 janvier dernier, l’Association pour le Développement de Saldé a fêté ses vingt hivernages. Elle est donc devenue majeure et, par ce fait même, elle a acquis ses lettres de noblesse, et, ce, grâce à la succession d’équipes soudées derrière des hommes de valeur comme feu El Hâdji Amadou Tidiâne Diam LY, l’ambassadeur Siley Mamadou DIÂ et Mouhamadou Moustaphâ Abdoul LY dont le leadership a impacté les résultats fort élogieux dont l’ADS peut se prévaloir à juste titre. C’est dire que la moisson vient plus du laboureur que du champ.

De plus, la prestigieuse « Commission du Mawloûd » conduite de main de maître par le doyen Souleymâne Abdoul LY dit Ndiaga, s’impose comme la locomotive financière de l’ADS. Elle est notre première source de revenus. La preuve est que, de juin 2006 à nos jours, sept commémorations officielles de la naissance du Prophète (psl) ont été organisées à Saldé qui ont généré plus de dix millions de francs y compris les frais de voyage. Chaque année, après avoir effectué toutes les dépenses incompressibles, le reliquat est affecté aussi bien à la gestion institutionnelle de l’ADS qu’au règlement des problèmes de notre cher village.

C’est dans cette Commission que s’activent nos cadres les plus dynamiques, à savoir : Abdoulâye Bôcar LY aujourd’hui arraché à notre affection, Yéro Ibrâ LY, Amadou Mamadou ÂNNE dit Âghîbou, Souleymâne DIALLO et Amadou Bachîr NDIÂYE, tous animés d’un esprit de solidarité et d’abnégation à nul autre pareil. Qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de la reconnaissance de l’Association qu’ils ont aidé à naître, à grandir et à prospérer.

Mesdames et messieurs, chers parents,

Nous venons de le rappeler, notre Association a vingt ans. J’allais dire, elle n’a que vingt ans, car malgré son jeune âge, elle compte à son actif un éventail de réalisations pouvant rendre jalouses nombre de ses homologues. Nous faisons allusion à son rôle d’assistante sociale toujours prête à contribuer à l’éradication des maux de nos populations.

Parmi les cas déjà traités, notons la prise en charge de l’hospitalisation d’un de nos frères, l’aide au transfert au village de dépouilles mortelles, la participation aux frais de soulagement de quelques parents nécessiteux ; mais aussi la maintenance du forage et des motos-pompes à l’usage des périmètres intégrés villageois ou PIV, l’appui logistique au poste de santé, à l’école élémentaire et aux jeunes dans le cadre de l’Association Sportive et Culturelle (A.S.C.) et des très bénéfiques caravanes de vacances conduites par Sâda Mamadou LY , président de l’Union des Jeunes de Saldé (UJ.S), etc. Bien sûr, la faiblesse de nos moyens nous oblige très souvent à faire une discrimination plus ou moins positive.

Mesdames et messieurs, chers parents,
De 2006 à aujourd’hui, grâce à Dieu, l’Association a mis à bonne fin des projets jusqu’alors jugés hors de la portée de nos faibles moyens. A savoir attendre, il y a tout à gagner. Parmi ces réalisations, nous pouvons citer la clôture de notre cimetière bicentenaire, projet élaboré au milieu des « années 1960 », Son devis estimatif ayant alors été jugé exorbitant, nos parents jetèrent leur dévolu sur la construction d’une mosquée en dur inaugurée en 1972.

Il fallut donc attendre l’année 2007. Grâce à tous les Saldéens et, plus particulièrement, à l’action fort remarquable de notre frère, le Docteur Cheikh Tidiâne GÂDIO, dont la contribution de quatre millions de francs CFA, soit les deux tiers du coût de la main-d’œuvre, a largement boosté ce projet, notre citadelle du silence est ipso facto hors de la sphère d’évolution des bêtes en divagation et des déjections animales.

Pour rester dans ce sillage, rappelons que, par le biais de la Mission d’Encadrement du Pèlerinage aux lieux saints, Cheikh T. GÂDIO a amené à La Mecque treize saldéens dont cinq membres du Comité directeur de l’A.D.S. Faut-il le rappeler ? Ce cimetière qui date des années 1780 abrite presque une dizaine de sépultures de saints dont un ancien almâmy du Foûta, sans parler des imams, des chefs de province, des notabilités religieuses et coutumières.

C’est donc un patrimoine historique dont il convient de préserver la pureté. Du reste, oublier ses ancêtres, n’est-ce pas être un ruisseau sans source, un arbre sans racines ? Concomitamment aux travaux de clôture du cimetière, trois toilettes ont été édifiées dans la mosquée.

Entre 2008 et 2010, fruit d’un partenariat Nord-Sud, le collège dit de Saldé a vu le jour à l’enthousiasme des populations de Barôbé, Diâranguel, Saldé et Wâssétâké. Il a coûté une centaine de millions de francs CFA dont le tiers représente l’apport personnel des villages susnommés. Grâce à l’action bénéfique conjuguée d’Âghîbou ÂNNE et de Souleymâne DIALLO, les plénipotentiaires de l’A.D.S., Saldé aura été l’un des principaux bailleurs locaux du C.E.M.

Du reste, jusqu’alors éparpillés dans les collèges de Mboumba, Galoya et Pété, nos enfants sont depuis 2008 maintenus sur place. Ce qui, tout en édulcorant les difficultés qu’ils enduraient ici et là, améliore véritablement leur taux de réussite au BFEM. Aujourd’hui, notre souhait c’est la transformation du collège en lycée où les potaches pourraient, en plus du BFEM, préparer le Baccalauréat.

C’est en 2008 que la dalle de la mosquée a été rénovée, des gouttières installées et les murs repeints. Dès lors, la toiture ne suinte plus et les fidèles qui se regroupent dans notre lieu de culte sont à l’abri des intempéries.

En fin décembre 2008, s’est tenue la Foire Agricole de Saldé ( FAGRIS) pensée et réalisée de bout en bout par notre oncle Hâdi Mamadou Lamine LY , ingénieur d’agriculture de formation et actuel chef de village. L’ADS a participé à toutes les étapes : de son élaboration à sa finalisation.

A coup sûr, par ses résultats positifs à tout point de vue, cette foire aura rendu Saldé plus visible dans le concert des grandes cités du Foûta. Les documents qui en sont issus constituent une inestimable banque de données au service de tous ceux qui veulent nous appuyer dans des domaines aussi variés que le cadre de vie, la promotion des jeunes et des femmes, l’agriculture, la foresterie, etc.

Le « Diêré kawral », Marché-de-la-Concorde, de Saldé a été édifié en 2010. D’une superficie de 150 m², tout comme le cimetière, il a été entièrement financé par les Saldéens. C’est l’un des plus modernes de l’ile à morfil, pour ne pas dire du Foûta-Tôrô. Sa présence est un motif de plus d’honneur et de fierté pour tous les Tébégoutnâbhé.

Dans le cadre du Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN) et, sous la houlette d’Âghîbou KANE et de son staff, les Journées Economiques et Culturelles de Saldé (JECS) se sont déroulées du 24 au 26 décembre 2010.

En parfaite Symbiose avec les villages voisins, les Saldéennes et les Saldéens ont rivalisé d’ardeur pour avoir donné à leur Festival toute l’importance qu’on pouvait en attendre. Le fruit ayant tenu la promesse des fleurs, ce fut une véritable apothéose. Cette grande manifestation était placée sous l’autorité de notre oncle El-Hâdj Abou Bakri KANE, ancien député, responsable moral de la collectivité saldéenne à Dakar, qui n’a ménagé aucun effort pour la pleine réussite de l’événement.

Le doyen Cheikh Hamidou KANE, ancien ministre, homme de culture et écrivain de renommée mondiale, l’ambassadeur Abdoulâye Racine KANE, alors directeur de cabinet du ministre d’Etat Karim Meïssa WADE, parrain des JECS, le professeur-écrivain Hamidou DIÂ, Conseiller spécial du président de la République , des invités de marque et tant d’autres Saldéens dont certains foulaient pour la première fois le sol de leurs ancêtres, nous ont honorés de leur présence.

Outre les activités culturelles (régates des soubalbhé ou dây-dâyré, le folk-lore hâl-poulâr et maure et la musique moderne), le Festival de Saldé incluait l’organisation d’un forum économique sur l’Ile à morfil en général et sur Saldé en particulier.

Ainsi, le 26 décembre 2010, les festivaliers ont passé en revue les principaux atouts et contraintes de la contrée. Ce faisant, grâce à la contribution des autochtones, des représentants de la société civile et d’organisations villageoises sœurs, une Esquisse des solutions de relance économique de la zone a été proposée.

Parallèlement aux J.E.C., les populations ont pu bénéficier de consultations et soins médicaux gratuits. Tout comme en août 2005, des centaines de patients dont la plupart des personnes du troisième âge, ont, de vive voix, manifesté leur entière satisfaction et formulé des prières à l’endroit des organisateurs du plateau médical et des mécènes anonymes qui les ont épaulés.

En fin 2011-début 2012, Saldé s’est doté d’une morgue. Toutefois, il faut noter que ce n’est ni par suivisme aveugle ni par snobisme outrancier, mais parce c’est quasiment une nécessité impérieuse dans une localité dont la plupart des bras valides résident à l’extérieur.

Etre inhumé par les siens en présence des voisins et des amis, n’est-ce pas l’ultime et légitime vœu que puisse former une personne à l’article de la mort ? Et puis, entre nous, au Foûta, grâce au foisonnement des morgues, on n’enterrera plus des vivants !!! Car, soit dit en passant, dans tous les pays du monde, il arrive que certaines des morts cliniques, ne soient, à l’examen, que d’insidieux cas de coma.

Mesdames et messieurs, chers parents,

Nous n’aborderons pas les perspectives, du moins, nous nous contenterons tout simplement de rappeler le projet de clôture des périmètres irrigués nécessitant une enveloppe de trois millions de francs, et l’exigence criarde d’arrêter au plus tôt l’érosion fluviale sinon, d’ici 2020, le cimetière va disparaître et, avec lui, le quartier administratif du village. Le Comité directeur et le nouveau Bureau de l’A.D.S. que nous allons devoir installer aujourd’hui se chargeront d’y revenir en temps opportun.

Pour ce qui me concerne personnellement, après quatorze ans passés à la tête de l’équipe à laquelle vous aviez bien voulu confier le destin de notre Association, j’estime sincèrement que l’heure de l’alternance générationnelle a sonné. Ne jamais oublier que nul n’est indispensable et que toute œuvre humaine est perfectible. Ici-bas tout est relatif. D’ailleurs, ce qui est Diamant pour d’aucuns peut sembler du toc pour d’autres. Du reste, nos jeunes frères regorgent d’atouts susceptibles d’insuffler à l’A.D.S. du sang neuf pour pouvoir conduire le bateau A.D.S. à bon port.

Je remercie et félicite tous les membres du Comité directeur sortant qui, qu’il pleuve ou qu’il vante, ont toujours fait du bonheur de Saldé leur priorité. Nous saisissons cet instant solennel pour rappeler à cette auguste assemblée que tous les projets que nous avions initiés ont été parachevés sans dette aucune.

Nous remercions plus particulièrement nos aînés qui nous avaient manifesté leur appui et qui, à cause de la grande faucheuse, nous ont quittés après février 1998, date de notre première élection.

Ce sont Thiêrno Hadrâmé dit Mâmoûdou DIÂ, Hammât Hamidou LY, Abou Salamata SY, Baïdi Lellé DIÂ, Bâba Siley DIÂ, Abou Souleymâne LY, Moctâr Nouhou NDIÂYE, Haroûna Issâgha LY dit Demba Couroyel, Ousmâne Âli Sêbâ LY , Birâne ÂNNE, Yéro Malal DIALLO, Mâlick Sôro LY, Samba MBENÂR, Yâyâ Mamoudou NDIÂYE, Bôcar DIÂWARA, Abou Fâtim DIALLO, Abdoulâye GUEYE dit Lâye Râmatel, Thiêrno Fâtim DIALLO, Nouhou DIOP, Moûssa Penda DIALLO et, tout récemment, El Hâdj Lamine BA. Qu’Allah ait pitié de leur âme ! Amen.

Parmi ceux que nous avons encore la chance de côtoyer, qui n’ont jamais cessé de nous soutenir et à qui nous souhaitons une vie plus longue, plus paisible, plus heureuse et plus prospère, nous citons les véritables et derniers gardiens des valeurs philosophiques et morales de notre terroir, nos doyens Abou Bakri KANE, Cheikh Hamidou KANE, Mamadou Elimâne , Mamadou Alphâ LY, Hâdi Mamadou LY dit Woïssi, Souleymâne Abdoul LY dit Ndiaga, Cheikh Hamidou KANE dit Kacha, Tamîmou Siley LY dit Demba, Samba Sally NDIÂYE, Siley Mamadou DIÂ, Mamoudou SAL, Ibrâhîma Woïssi ÂW, Abdoulâye Elimâne KANE, Samba Âli Sêbâ LY et Amadou Coumba SY. Qu’Allah prolonge davantage notre compagnie sur terre !

Mesdames et messieurs, chers parents,

Depuis qu’ils ont fait de la presqu’île du Cap-Vert leur destination, les Saldéens ont appris à s’organiser en communauté vivante et vivifiante. Très tôt ils ont loué des chambres « soûdou Tébégoutnâbé » pour accueillir les nouveaux migrants à qui ils offraient résidence, couvert et protection.

Souleymâne Abou Siwâ, LY, Souleymâne Tamîmou LY, Abdoulâye Coudi LY et son frère Ibrâ Coudi, sont parmi les premiers ressortissants de Saldé à avoir élu domicile à Dakar. Ces pionniers de la colonie saldéenne dans la presqu’île encadraient bien leurs cadets arrivés tardivement à Dakar.

L’entreprise du colon Guiyess (Gallé-Guêssé) où on l’on fabriquait tantôt des bougies, tantôt des biscuits, l’usine Petersen qui triturait de l’arachide pour en extraire de l’huile, des tourteaux et du savon, et la Grande Imprimerie Africaine (GIA), étaient pratiquement les principaux réceptacles de cette foule de Foûtankôbhé. Sinon, on vendait de la camelote ou on se faisait tisserand au lieu-dit Kêlngal-Djammi, serveur dans les embryons d’hôtel ou cocher au moment où les mulets (hybrides mâles de l’âne et de la jument) pullulaient à Dakar.

Le réflexe villageois aidant, ils se surveillaient mutuellement dans le but de parer à tout dérapage, à toute perversion ; car ils étaient tous convaincus qu’un héritage est une terre à labourer et que bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.

Quand ils devinrent nombreux à Dakar, ils essaimèrent dans les quartiers compris entre Gorée et Rufisque. Pour consolider la solidarité villageoise, ils se rencontraient d’abord chaque dimanche après-midi, puis le premier dimanche de chaque mois.

C’était le moment d’échanger des informations sur leur vécu quotidien, de porter assistance aux malades et aux sinistrés résidant à Dakar ou restés au village. D’où les fameuses caisses de solidarité ou « Feddé jokkéré éndham. »

De ces minuscules entreprises de bienfaisance sont nés les célèbres « tours de thé » au cours desquels on procédait au « réglé » ou acquittement des cotisations mensuelles.

Au fur et à mesure que le bien-être des migrants s’améliorait, les « tours » devenaient des occasions d’offrir aux convives des repas et de la boisson fraîche ou chaude à la hauteur du standing de l’hôte.

Des personnes appartenant à la même génération, et demeurant unies par de puissants liens de fraternité et d’amitié s’y rencontraient régulièrement. Et nul ne devait y déroger. Les brebis galeuses étaient purement et simplement mises au ban de la collectivité et leurs parents restés au village en étaient ulcérés. C’est dire qu’au Foûta, tout individu qui se mettait en porte à faux avec les normes sociales était vite indexé. Aussi longtemps qu’il se marginalisait, aucun recours n’était possible.

Trois cellules ou « pellé » subsistent aujourd’hui. Ce sont leurs membres qui constituent l’épine dorsale de l’A.D.S. Pour la plupart, leur point commun c’est d’avoir vu le jour à Tébégout et de s’y être très souvent baignés au fleuve Sénégal ou dans les eaux boueuses du Wêndou-Hamdjott et du Waltoundé-Ballel.

Mesdames et messieurs, chers parents,

Le phénomène que nous venons de décrire est en passe de disparaître. Si on n’y prend garde, les jours des « tours », ces écoles de la vie, sont comptés parce que nos enfants qui devaient nous relayer ne se connaissent guère. L’une des raisons pouvant étayer cette remarque est que, nés très loin de la terre de leurs pères, nombre de nos enfants n’ont vécu aucune expérience commune.

Ils n’ont jamais partagé les fameux « toumbouli, pluriel de toumboudou » ou regroupement dans la maison du leader « mawdho feddé » des repas de la cohorte, et le « tawti nodda ou tawtinordé», partage de repas de circonstance entre des camarades rentrés des champs ou, parfois, de la brousse où ils étaient allés chercher du bois mort.
Nos enfants n’ont pas, après leur circoncision, séjourné sous le même hangar « mbâra », et dégusté le très succulent « mbadjoungou », bouillie de maïs très sucrée préparée par leurs homologues filles ou « feddé rewré ».

Nos enfants n’ont pas, à notre image, en un moment donné de notre adolescence et avec la mansuétude de nos parents, chipé de la patate douce ou des épis de maïs dans les lopins « mballâdji » jouxtant le village ou dans les « palé » situés un peu plus loin.

Ils n’ont pas « volé » des poulets ou des moutons dans les maisons voisines ou, comble d’insouciance, dans leurs propres demeures, et, ce, pour mettre en exergue leur bravoure et leur dextérité juvéniles.

Nos enfants n’ont jamais longé la rive gauche du Sénégal, du fameux figuier ou « Djiwel » Nicolas à la berge des cotonneries ou « Toufnguel-Boroûdji » en passant par « Toufnguel-Fâmâ », « Toufnguel-Djibbé » dominé par ses figuiers et « Toufnguel-Nguirâne », aux trousses de martins pêcheurs « hammadi-yérôwel » rentrés bredouilles de leur sempiternelle recherche dans les eaux du fleuve de la sacoche « dannga » de leurs parents noyée il y a longtemps. Après maintes plongées infructueuses, ces oiseaux néognathes s’en retournaient tout penauds dans les trous des falaises « powlé » où les attendaient souvent des reptiles

C’était le « sôboyôbo », époque où, pendant les nuits à la belle étoile, l’arène du village ou «Dinguiral- bawdhi » était le rendez-vous de la jeunesse « yonta » des deux sexes, et plus précisément des lutteurs de Saldé et des villages voisins qui y restaient jusqu’à l’aube.

Mesdames et messieurs, chers invités, chers parents, pour dire vrai, nos enfants n’ont pas entièrement tort parce qu’ils n’ont jamais été des « frères de case », encore moins des condisciples dans l’un des foyers « doudhé » coraniques ou des camarades de promotion à l’école française du village.

Seulement, au risque de perdre la partie essentielle de notre être social, il n’est que grand temps de trouver les voies et moyens à même d’incruster chez certains de nos enfants (évidemment pas tous) encore en marge de la ligne de conduite précitée, le sens profond de notre union, de notre coexistence fraternelle, de notre commun vouloir de vie commune.

A défaut, notre génération n’aura pas mérité la confiance que nos aînés, dont certains sont ici présents, avaient placée en nous. Contre vents et marées, nos devanciers avaient réussi à garder jalousement cet aspect important de notre modus vivendi.

Mesdames et messieurs, chers parents, chers invités, telles sont les idées, plus ou moins éparses, que je tenais à partager avec vous. Saldé, notre cher village, mérite plus de ses enfants, du moins, des enfants de ses enfants.

La citation ci-après, extraite des Paroles d’un croyant de Lamennais, met en exergue les vertus de la solidarité humaine, solidarité à laquelle nous appelons tous ceux qui se réclament de Saldé :

« Lorsqu’un arbre est seul, il est battu des vents et dépouillé de ses feuilles ; et ses branches, au lieu de s’élever, s’abaissent comme si elles cherchaient la terre.

Lorsqu’une plante est seule, ne trouvant point d’abri contre l’ardeur du soleil, elle languit, et se dessèche et meurt.

Lorsque l’homme est seul, le vent de la puissance le courbe vers la terre, et l’ardeur de la convoitise des grands de ce monde absorbe la sève qui le nourrit.

Ne soyez donc point comme la plante et comme l’arbre qui sont seuls, mais unissez-vous les uns les autres, et appuyez-vous, et abritez-vous mutuellement…

Qu’ya-t-il de plus faible que le passereau, et de plus désarmé que l’hirondelle ?
Cependant, quand paraît l’oiseau de proie, les hirondelles et les passereaux parviennent à le chasser en se rassemblant autour de lui, et le poursuivant tous ensemble.
Prenez exemple sur le passereau et l’hirondelle. »

Mesdames et messieurs, chers invités, chers parents, que la paix de Dieu soit sur vous !

Vive Saldé-Tébégout ! Vive l’A.D.S. !

Harouna Amadou dit Harouna Rassoulou