Avant-propos

Dès leur accession à la souveraineté nationale, les jeunes Etats africains sentirent la nécessité impérieuse de jeter un regard sur leur passé pour, au besoin, y retrouver des motifs d’orgueil après que l’Occident leur eut fait croire qu’ils étaient à la traîne.

Déjà, en 1957, comme pour appuyer toutes les thèses racistes que certains de ses congénères développaient sur les Africains, Pierre GAXOTTE (1895-1982), historien et journaliste français, monarchiste et nationaliste, écrivait : « Ces peuples n’ont rien donné à l’humanité ; il faut bien que quelque chose en eux les en ait empêchés. Ils n’ont produit ni Euclide, ni Aristote, ni Galilée, ni Lavoisier, ni Pasteur. Leurs épopées n’ont été chantées par aucun Homère. »

En d’autres termes, à son avis, comme, du reste, sans sourciller, le président Nicolas SARKOSY l’a soutenu le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar à l’occasion de sa première visite officielle en Afrique au sud du Sahara, l’Afrique n’a rien apporté à l’humanité et, pis, notre « histoire » n’est qu’un fatras de faits, un tissu d’incohérence. Evidemment, Pierre Gaxotte et consorts ignoraient tout du continent africain.

Dès lors, pour relever le défi, plusieurs choix s’offrent aux historiens africains : soit s’intéresser à l’histoire locale, celle d’une contrée, en s’attachant à toutes les investigations possibles ; cela a l’avantage, à moyen ou long terme, par le biais d’un maillage méthodique et systématique, d’aider à lever le voile sur le passé de tout un pays ; soit tendre à circonscrire toute une Région en s’évertuant à cerner de très près les relations qui liaient les différentes entités qui la composaient ou la composent encore, les soubassements de leur progrès ou les causes de leur déclin.

C’est cette vision qui animait Ahmadu Maxtaar MBOW, ancien Directeur général de l’UNESCO qui, dans le n°4 de la revue Afrique Histoire, écrivait : « Je suis persuadé que les efforts des peuples africains pour affirmer leur identité culturelle et assurer leur développement harmonieux doivent s’appuyer sur une conscience rénovée… (Il s’agit) de donner une vision plus exacte et plus complète du passé du continent et de son apport au progrès général de l’humanité » page 65.

Dans notre étude, nous avons tenté de conjuguer les approches moderne et traditionnelle tout en privilégiant la seconde pour être plus près des réalités socioculturelles de Salde-Tebegut et environs.

Nous remercions tous ceux qui ont bien voulu contribuer à la réalisation de ce modeste travail, plus particulièrement nos chers parents, notre épouse, nos amis et notre benjamine, Halimatu Saadiya LIH qui, seule, en a fait la saisie.

Dakaar, (Golf-nord, Geejaway), le 25 mai 2012