Célébration des 120 ans de l’école élémentaire de Saldé suivie de la cérémonie concomitante de parrainages de ladite école et du stade, 27 et 28 mars 2015

Messieurs les ministres, Monsieur le préfet du département de Podor, Mesdames et messieurs les directeurs et chefs de service, Monsieur le le sous-préfet de Saldé, Monsieur le maire de Bocké-Dialloubé, Monsieur le chef du village de Saldé-Tébégoutt, Frères et sœurs des villages frères, Chers invités, frères et sœurs de Saldé, Mesdames et messieurs, Allocution de Harouna Amadou LY, président de l’Association pour le Développement de Saldé (ADS).

La cérémonie qui nous réunit ce matin a une triple signification : célébrer les 120 ans de l’école de Saldé, puis baptiser ladite école et enfin donner un nom au stade de notre village.

Mesdames et messieurs, l’histoire du village de Saldé reste essentiellement liée à celle de son école primaire devenue célèbre grâce à sa contribution à l’enrichissement scientifique et culturel du Foûta. En effet, Saldé, notre cher village, doit son renom, en partie, à ce foyer du savoir qui, durant la colonisation et bien après, servait de pépinière pour les établissements d’enseignement secondaire de Saint-Louis.

Ouverte le mardi 27 novembre 1894, et une des premières implantées dans la vallée du fleuve Sénégal après celles de Saint-Louis ( le 07 mars 1817) et de Podor (le mardi, 23 octobre 1894), l’école rurale de Saldé a même précédé celles de Dagana (1902), Bakel (1902), Louga (1897 par Bouna Alboury NDIÂYE, mais officiellement en1905).

Ainsi, pendant trois décennies, notre école a été l’unique institution du genre au service du Foûta central formé du Lâw oriental, des Yirlâbhé-Hebbiabhé et du Bôsseya. L’ école de Thilogne (1925) et son homologue de Cas-cas (1933) sont également devancées par leur sœur de Kanel, capitale du Damga, ouverte en 1909, puis, fermée en 1936 et réouverte en 1940.

Mesdames et messieurs, par le savoir et le savoir-faire qu’elle a dispensés par le passé, l’école de notre village, notre royaume d’enfance, aura permis à nos populations de jouer un rôle prééminent dans la sous-région et même au-delà.Nous saisissons cet instant solennel pour rendre un vibrant hommage à tous les dignes fils du Foûta qui sont devenus des cadres intermédiaires et même de haut niveau après qu’ils eurent transité par l’école primaire rurale de Saldé. A ceux ou celles qui ont quitté ce bas monde, nous prions Allah de les recevoir dans le plus élevé de ses paradis.

Prestation de Baba Maal

Mesdames et messieurs, effectivement, notre école a eu 120 ans le 27 novembre dernier. Si nous avons convenu de renvoyer la commémoration de son anniversaire à la date d’aujourd’hui, c’est que nous voulions réaliser un vœu longtemps exprimé par nos parents soucieux d’inscrire leur institution dans la dynamique des meilleures du Sénégal. Il s’agit, parmi les valeureux fils de Saldé, de désigner un parrain digne de ce nom. C’est ainsi que, de manière consensuelle et à l’enthousiasme de tous, feu Aboubakry Racine KANE a été choisi.

Né à Saldé le vendredi 03 juillet 1925, kâw Abou, a fréquenté l’école rurale du village de 1936 à 1939 avant d’être orienté à celle régionale de Podor (1939-1942) puis à la section des fils de chefs de l’Ecole primaire supérieure Blanchot de Saint-Louis (1942-1945).

Il réussit au concours d’entrée à l’Ecole normale de Katibougou, Soudan français (actuel Mali), d’où il sortit, en 1948 avec le grade d’instituteur. Après avoir servi à Bakel (1948-1951), puis à l’école primaire de l’Avenue El-Hadj Malick SY de Dakar (1951-1953), sur sa demande personnelle, il fut muté comme instituteur adjoint (1953-1955) à l’école de Saldé dont il assuma les charges de directeur (1955-1957).

Après s’être engagé dans la politique pour, aux côtés de Léopold Sédar SENGHOR, Mamadou DIÂ et tant d’autres patriotes, participer à la construction nationale, le 31 mars 1957, il fut élu Conseiller territorial du Sénégal, mission qu’il exerça jusqu’au 22 mars 1959.

De cette dernière date au 31 décembre 1963, il siégea à l’Assemblée nationale. Après une longue absence due à des tribulations politico-policières, il revint à l’hémicycle pour exercer deux mandats parlementaires (1978-1983, 1983-1988). En 1988, le Président Abdou DIOUF le nomma président du Conseil d’administration de la Banque sénégalo-tunisienne qu’il quitta en 1994 pour jouir d’une retraite bien méritée.

Cet homme pétri des valeurs musulmanes et pulaar a été rappelé à Dieu dans la nuit de vendredi à samedi 04 janvier 2014 après avoir vécu 88 ans et 6 mois jour pour jour et eu le bonheur d’assister à l’hommage qui lui a été rendu par toute la nation au moment où paraissait Le dernier fils de la Grande Royale, son livre autobiographique. Aussi mérite-t-il d’être le parrain de l’Ecole qui a guidé ses premiers pas.

Saldé, le Marigot du Doué

Mesdames et messieurs, parallèlement à cet événement majeur, nous baptisons également notre stade dont le parrain choisi est feu Ousmane Aly LY né à Saldé en 1918 et engagé le 12 février 1938 dans l’armée coloniale. Promu sergent le 18 avril 1942, il fut affecté au Maroc où il débarqua le 17 octobre 1943.Il fut promu sergent-chef le 24 janvier 1944, rapatrié le 1er avril 1946 et libéré le 20 avril. Le 16 décembre 1946, il s’engagea comme auxiliaire indigène de 2ème classe au détachement de la Gendarmerie de l’AOF.

Le 25 juillet 1959, il fut admis dans le corps des sous-officiers coloniaux. Libéré de la Gendarmerie française le 1er octobre 1960, il fut transféré à celle de la République du Sénégal.

Le 1er juillet 1961, Ousmane Aly LY accéda au grade de maréchal des logis et fut nommé, à titre exceptionnel, au grade d’adjudant, puis d’adjudant-chef à compter du 1er avril 1964. Le 10 juin1966 il fut intégré dans le corps des sous-officiers de carrière et accéda à la retraite le 06 décembre 1968. Dès février 1969, Ousmane Aly rentra au Foûta pour mettre son expérience de soldat aguerri et polyvalent au service de son village natal.

Entre 1978 et 1992, il assuma la fonction de président de la Coopérative agricole et celle de superviseur des périmètres intégrés villageois (PIV) de la bourgade.

Ce digne fils de Saldé a honoré le Sénégal, l’AOF et la France au cours de différents meetings sportifs où il sut mettre en exergue sa dextérité et son esprit fair-play d’athlète accompli. En effet, en 1951, il fut tour consacré recordman d’AOF de javelot, champion militaire de France et médaillé aux Jeux militaires de Rome.

En 1952, kâw Ousmane reçut une citation mettant en relief sa valeur militaire et sa discipline exemplaire. En 1953 il obtint la médaille d’argent au championnat militaire français. La France, l’Afrique et le Sénégal l’ont célébré en lui décernant des citations matérialisées par des décorations militaires et civiles bien méritées. Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, Saldé se souvient de lui à l’occasion de l’inauguration de son stade inachevé qui désormais porte son nom. Ousmane Aly, l’illustre athlète au sourire si doux, a été rappelé à Dieu à Dakar le 19 octobre 2006. Lui aussi avait 88 ans.

Mesdames et messieurs, nous saisissons cette opportunité pour remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’évènement. Nous pensons tout d’abord à son excellence le Président Macky SALL dont l’appui nous va droit au cœur.

Nous n’oublierons guère nos frères Abdoulaye Daouda DIALLO, ministre de l’Intérieur, Serigne Mbaye THIAM, ministre de l’Education nationale, le Général chef d’Etat-major de la Gendarmerie, l’Ambassadeur des Etats-Unis, le parti socialiste derrière son secrétaire général Ousmane Tanôr DIENG, le sous-préfet Ndiack SARR et son adjoint, nos généreux mécènes, nos frères et sœurs saldéens de naissance, d’adoption ou simplement de cœur, les familles des parrains et nos voisins toujours à nos côtés.

Sans la générosité, la sollicitude et l’engagement sans faille des uns et des autres, la présente cérémonie n’aurait eu ni l’ampleur, ni la chaleur, encore moins la ferveur que nous vivons tous.

Félicitations et encouragements au Comité de Pilotage à travers son coordinateur Daouda LY dont l’efficacité et le sens élections des responsabilités nous valent le succès éclatant que nous enregistrons d’ores et déjà. Merci à tous et à chacun.

Mesdames et messieurs, nous vous souhaitons un excellent séjour parmi nous. Encore une fois, merci pour tout.

Une réflexion au sujet de « Célébration des 120 ans de l’école élémentaire de Saldé suivie de la cérémonie concomitante de parrainages de ladite école et du stade, 27 et 28 mars 2015 »

  1. merci Mr Harouna Amadou Ly pour tous les services rendus de notre cher village SALDE. Que le tout puissant t’assiste.

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