Chapitre premier : les recommandations… lettre 7

Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.

Paix et salut sur le Prophète ainsi qu’à sa famille et à son auguste compagnie.

Cela dit : Cette lettre est destinée à la plus chère, la plus prestigieuse personne( chez moi), le dépositaire des connaissances et des secrets divins , mon fils et ami (confident), le maître multidimensionnel au savoir rare et prodigieux, qui a fait de Dieu son seul souci à l’heure où les autres s’occupent d’autres choses et des légèretés en se suffisant des créatures au lieu du Seigneur des hommes ; j’ai nommé El-Hadj Mouhammad Zeynab . Paix et salut sur vous !

Ainsi, je t’apprends que ta lettre m’est parvenue ; je suis réconforté d’apprendre ton rétablissement du mal qui m’avait moi-même préoccupé. Louanges et gratitudes à Allâh ; j’espère que le long chemin de ta guérison n’a pas engendré une mise en veilleuse du foyer de Dieu-le-Grand.

Je te charge d’une mission de remerciement et de reconnaissance envers Allâh. Il s’agit de réunir les disciples, hommes et femmes, de décrasser leurs cœurs ,leur dire de ma part, que je leur rappelle Allâh et le pacte qui nous lie relativement à la vivification de la mosquée par (l’accomplissement) des obligations à tout instant ; d’être pour Dieu en rejetant tout ce qui est en dehors de Lui en activité comme au repos, isolément comme en public ; de bien prendre soin de toi, de tout ton entourage, parmi les disciples de Cheikh ; chacun selon son grade , son ancienneté , son âge et son degré d’érudition : « traiter les hommes selon leurs rangs » ; aimez-vous mutuellement ; respectez tous les compagnons de Cheikh parce que , je jure par Allâh ( qu’il faut éviter de s’en prendre à eux, étant donné) qu’ils constituent un motif de dégringolade ; et quiconque les dérange contrairement à l’agrément de Cheikh , pourrait en subir un châtiment.

Détachez-vous de tous les antagonismes externes et internes car être en contradiction aux obligations divines est la preuve la plus manifeste de son éloignement d’Allâh). Que Dieu nous en garde !

Il vous faut retourner à Dieu à tout instant, car l’anxiété, l’angoisse et l’ennui sont causés par la négligence à l’égard Allâh ; c’est pour cela soutiens-je que tout malheur en la religion, ici-bas et dans l’au-delà, se trouve dans le chirk (polythéisme).

Par contre, tout bienfait se trouve dans le fait de ne rien associer à Dieu et de viser un but unique : «Allâh a cité comme parabole un homme dépendant d’associés se querellant à son sujet et un autre lié à un seul homme : sont ils égaux en exemple » S 40 v29.

Sachez que la Faydâ de Cheikh est comme un nuage : ce qu’on en attend, c’est (une multitude) de retombées mais pas exclusivement la pluie. Voyez comment, dans les champs, on arrive à la production ; seule, la tombée des pluies ne pourrait suffire au paysan qui n’a pas procédé au désherbage ; il en est de même des « champs » spirituels.

Le soufisme ne peut reposer que sur les actes d’adoration, le renoncement à ce bas monde et la rectitude ; ces deux dernières (notions) ne sont réalisables que par le biais de l’endurance. Garder patience dans l’accomplissement des ordres, patienter à s’abstenir des interdits et à supporter des « choses » répugnantes découlant du décret divin ; c’est par ce fait qu’on rend à Allâh Sa juste valeur, qu’on se soumet à Sa volonté et qu’on accepte Ses obligations, etc.

Ayez une bonne opinion d’Allâh et de Ses serviteurs. Dieu a dit : «O vous qui avez cru, évitez de trop conjecturer sur autrui car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas… ».

Soyez présents dans les assemblées de bien parce qu’un tel regroupement expie des milliers et des milliers d’assemblées de péchés et, ce, à l’instar des assemblées des connaissants en Dieu et des pratiquants des séances de zikrs ; surtout celle relative à la wazîfa qui est obligatoire et non surérogatoire ; l’accomplir individuellement revient à ne pas s’en acquitter du tout.

Relevez votre détermination (himma) à l’égard d’Allâh et sollicitez la progression à tout instant et à tout moment, dans l’apparent et dans le caché. Dieu a dit à son bien-aimé dont Il s’est chargé Lui-même(Allâh) de l’éducation et de la formation, parmi ce qu’il a descendu sur lui en premier lieu dans ce monde matériel, « lis »s96 v 1.

Après cela Dieu l’a fait voyager de nuit, lui a dévoilé Ses signes et S’est manifesté en lui de par son Essence absolue, lui a inculqué le savoir des premières et dernières générations et Lui en a rajouté ; et, sur ces entrefaites, Il lui a dit : « Dis, ô mon Seigneur, accrois mes connaissances». (S40 V 114)

C’est ainsi que tu te rends compte que le serviteur n’est pas en mesure de cerner tout ce dont dispose son maître ; et il ne peut se suffire en dehors d’Allâh. Qu’il sache que ce que Dieu a en Sa possession est éternel et proche. Mieux, ce à quoi tu aspires est à ta disposition. Néanmoins, je suis satisfait de vous la plupart du temps tant au sujet de la Zawiya, de mon frère, le vôtre, que par rapport à tous les voisins ; et, si je n’étais pas convaincu que vous exécuteriez mes conseils, je ne vous les aurais pas adressés.

Je demande à Allâh de nous diriger vers Sa parfaite connaissance et qu’Il soit notre Protecteur, Lui, l’Allié des vertueux. Was salâm !

Ecrit par Ibrâhîm, fils d’El Hadj AbdAllâhi Tidjâni à Kôssi qui vous adresse ses salutations ainsi qu’à tous les membres de votre auguste assemblée, an 1350 H… 1931

Traduction en français par Harouna Amadou LY et al oustâz Seydou MBAYE du Daahira Thierno Ibrâhîma DIALLO de Dakar / Jama’a Cheikh Ould Khaïry du Sénégal