Chapitre premier : les recommandations… Lettre

Djawaahiru rassaa il (les lettres dorées)

Au nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
À mon frère, mon bien-aimé, l’exégète, le littérateur, le très doué Mouhammad Moustapha, fils de Thierno THIAM : Paix et salut sur toi !

J’ai reçu ton émissaire. J’ai lu ta lettre et en suis très content ; je te confie à Dieu dont aucune confiance ne se perd. Je te recommande de te brancher toujours à Dieu pour tout acte comme en toute circonstance. Sois pour Dieu d’autant que «celui qui est pour Dieu, Dieu est certainement pour lui ».

N’associe la créature à aucun de tes actes voués à Dieu ; et ton âme (nafs) est une de ces créatures. Dis : « Allâh » et puis laisse-les s’amuser à patauger » (S. 6. V. 91). Sache que Dieu considère que toute préoccupation en dehors de Lui n’est que pure futilité. Fais tiens ces deux maîtres : le maître apparent : le Coran et la Sounna, le maître caché : Cheikh Ahmad Tidjâne (ra) et ce dernier est avec toi en permanence.

Les intermédiaires ne sont que de (simples) tremplins. L’objectif, c’est ce que je t’ai dit : cache ton secret, enterre la part dont Dieu t’a gratifié du secret de la Seigneurie (roubibiya) jusqu’à ce qu’Il te fasse apparaître. L’évidence est que quiconque se fait passer pour un cheikh avant l’obtention de l’autorisation divine, celui-là met en péril et sa religion et sa vie ; il sera damné parmi les siens.

Si Allâh décide de te dévoiler, nul ne peut s’y opposer. Mais vouloir coûte que coûte paraître avant que ne tombe le décret divin, annihile le résultat escompté du fait de l’intensité de la part du « moi» qui s’y attache. Si Dieu te dissimule, ceci est mieux pour toi, s’il te fait apparaître, c’est également mieux pour toi.

N’aie de volonté que celle d’Allâh car celui qui tient à paraître est l’esclave de ce désir et celui qui tient à se cacher est aussi captif de son intention. Le véritable serviteur n’a de préoccupation que celle d’Allâh. Le vrai gnostique abandonne tout penchant pour celui d’Allâh. Dis à Hady de te remettre le « Sirrou Ziyaara », c’est le troisième des secrets ; le nom particulier de la Station du Cheikh s’y trouve.

Transmets mes salutations au khalife Habiboul Lâhi Seck. Je sollicite ses prières. Merci.
Ecrit en 1348 (un mercredi de l’an 1929) par Ibrâhîma, fils d’El-Hadj AbdAllâh Tidjâni, al Faydâ, à Kôssi.

Traduction en français par Harouna Amadou LY et al oustâz Seydou MBAYE du Daahira Thierno Ibrâhîma DIALLO de Dakar / Jama’a Cheikh Ould Khaïry du Sénégal