Journées Economiques et Culturelles tenues à Saldé du 24 au 26 décembre 2010

Allocution prononcée par Harouna Amadou LY, président de l’ADS, à l’ouverture des

Mesdames et messieurs,

Pour la 4ème fois, après 1967, 1975 et 1988, Saldé est le point de mire de l’intelligentsia et de la jeunesse sénégalaises en général et celles du Foûta, en particulier. Pour paraphraser André Malraux, pour la 4ème fois, en l’espace d’une génération, notre village «prend entre ses mains périssables le destin » de toute une contrée.

En effet, les Journées Economiques et Culturelles qui démarrent ce matin s’inscrivent en droite ligne sur le projet de l’Association pour le Développement de Saldé de réconcilier le village avec ses forces vives, à savoir son troisième âge, en tant que gardien des valeurs philosophiques et morales, ses cadres intra-muros, ses femmes, ses jeunes et sa diaspora.

C’est l’occasion de rappeler que depuis sa mise sur les fonts baptismaux, en 1990, l’Association pour le Développement de Saldé, ADS, s’est toujours évertuée à contribuer efficacement à l’essor de notre localité, partie intégrante de l’Île à morfil.

Nonobstant les faibles moyens dont dispose notre association, le bureau qui préside à ses destinées peut s’enorgueillir d’avoir investi quelque 50 millions de frs CFA dans la réfection de la mosquée, la construction du mur ceinturant le cimetière et l’édification d’un marché, sans oublier les subventions à la gestion du forage, de l’école élémentaire, du poste de santé, des périmètres irrigués, de la foire agricole, du GIE des femmes, de l’ASC et la contribution à la réalisation du collège.

Grâce à Dieu et avec l’appui constant de tous les Saldéens et, en dépit des nombreuses anicroches, bon an mal an, nous parvenons quand même à honorer nos engagements. C’est ici le lieu de remercier tous ceux dont la contribution morale, matérielle et financière ne nous a jamais fait défaut. Car nous n’avons jamais attendu la main de l’Etat pour nous mettre au travail.

Mesdames et messieurs, les Journées Economiques et Culturelles sont d’abord l’œuvre des jeunes de Saldé. L’A.J.S sous la houlette de Sâda Mamadou LY dit Hamidou en est l’inspiratrice. C’est elle qui, en remuant le vieux cocotier, est parvenue à réveiller les doyens qui sommeillaient depuis les dernières journées culturelles.

Toutefois, nous devons la mise en forme et la parfaite exécution de ce projet grandiose au courage et au professionnalisme d’un groupe de jeunes cadres saldéens évoluant à Dakar et agissant sous l’impulsion de notre jeune frère Aguîbou Hamidou KANE, enseignant et journaliste de talent, qui a su fédérer des énergies jusque-là disparates et mettre cette généreuse Synergie au service de notre village. La labellisation des J.E.C. par le FESMAN est une heureuse initiative de ce groupe.

Tout comme lors des journées culturelles de 1988, fidèle à son amour ardent pour Saldé et, malgré son âge, son état de santé et ses activités liées à son rôle de pater familialis, gardien des valeurs fécondes de la cité, aussi bien sur le plan politique que social, notre oncle Abou Bakri KANE a pris le projet à bras le corps. Lui et sa famille dont notre doyen Cheikh Hamidou KANE, ont usé de tous leurs moyens et de tout leur entregent pour épauler l’ADS et son Comité d’organisation. Nous leur en savons sincèrement gré et leur souhaitons une vie longue et paisible.

C’est le moment de remercier sincèrement Monsieur Abdoul Azîz SOW et Mlle Sindiéli WADE coresponsables du Comité de pilotage du FESMAN qui n’ont négligé aucun effort ni aucun moyen pour, malgré notre retard, avoir bien voulu accepter de soutenir notre candidature.

Qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de notre sincère gratitude. Abdoulâye Racine KANE, le parrain que les jeunes de Saldé se sont librement choisi, est assurément des nôtres ; c’est un homme intelligent, pondéré et honnête. C’est surtout un travailleur acharné et un grand adepte de l’esprit d’organisation et de méthode, pour parler comme SENGHOR et un militant de la bonne gouvernance pour utiliser un label à la mode.

Pour jeter leur dévolu sur lui, nos jeunes se sont fondés sur ses racines saldéennes et sur sa sollicitude pour notre terroir. Au bout du compte, Abdoulâye a conforté et même dépassé les espérances qu’on avait placées en lui. A lui et à la délégation qui l’accompagne dont l’équipe médicale, nous souhaitons la bienvenue. Nous remercions également toutes les localités sœurs qui ont bien voulu nous apporter leur contribution. Nous pensons surtout à Pété, notre source, Galoya, Barôbé, Wâssétâké, Diâranguel, Wallâ, Ngouy, Wâlaldé, Gannguel et Toufndé-Gandhé.

Mesdames et messieurs, certes, ces Journées seront un grand moment de retrouvailles et d’amabilité, mais nous voulons qu’elles soient aussi le prétexte à une introspection bénéfique. Saldé doit saisir cette opportunité pour passer en revue tous les obstacles à son développement et, partant, faire des propositions salutaires parce que fruits d’une large concertation.

Le constat général est que, d’année en année, le village se vide de ses bras valides au point que le troisième âge et les jeunes enfants constituent la frange la plus importante de la population. Les régimes politiques qui s’y sont succédés ont toujours, à des degrés divers, manifesté peu d’intérêt à l’endroit de notre localité et même, pour dire vrai, de toute l’Ile à morfil recluse, qu’elle est, dans une position de parent pauvre.

Dès la tombée des premières gouttes de pluie, nous sommes coupés du reste du Sénégal, au propre comme au figuré. Le grand banditisme transfrontalier en profite pour agir à sa guise. S’y ajoute, qu’au rythme actuel de la progression de l’érosion fluviale, si on n’y prend garde, d’ici un siècle Saldé sera rayé de la carte du Sénégal.

En effet, le grand Saldé qui abritait le fort construit en 1859, l’école datant de 1894, la résidence d’Eugène Nicolas, le dernier commandant de cercle, le bureau de poste construit en 1922, le dispensaire inauguré en 1930 et des concessions de traitants saint-louisiens, ce grand Saldé-là , a , hélas, totalement ou partiellement été englouti dans les eaux du fleuve.

Aujourd’hui, le cimetière bicentenaire où reposent une dizaine de saints, est menacé de disparition. Compte tenu de son importance historique, ce serait grand dommage si, impassibles, nous assistions à l’effondrement de cet auguste mais silencieux témoin de notre passé. Pour le moment, il suffit de quelques heures d’intervention d’un gradeur pour retarder le désastre.

A l’image de l’agglomération de Podor qui, par le passé, a souffert de ce phénomène, il urge de construire un quai-digue. Ce faisant, Saldé serait sauvé de des colères cycliques du fleuve Sénégal et pourrait ainsi envisager son avenir avec plus de lucidité et de longévité.

Dans le domaine agricole stricto sensu, hormis les petits périmètres intégrés qui jouxtent le village et qui ne font que tromper leur faim, nos braves paysans ne cessent, à juste raison, de ruminer leur colère depuis la fin, en 1992, de l’exploitation de la cuvette agricole Saldé-Wallah, grande de 654 hectares pour 20 000 consommateurs ; celle-là, en permettant à ses tenanciers d’engranger des récoltes plus ou moins substantielles, créait des richesses tout en endiguant efficacement l’exode rural, ce phénomène qui caractéristique surtout des pays ou contrées pauvres.

Comme le clame un proverbe chinois, « mieux vaut essuyer une larme d’un paysan que d’obtenir cent sourires d’un ministre » pour dire que dans le bonheur il faut toujours se rappeler les démunis. Chez nous le Plan REVA et la GOANA si chers à Monsieur le Président de la république, ne sont jusqu’ici que des slogans tout juste entendus à la télé.

Mesdames et messieurs, comme on a coutume de le dire, gouverner c’est prévoir et la gouvernance moderne s’appuie sur un aménagement efficace, parce que bien réfléchi, du territoire national. Nous nous félicitons qu’un Saldéen de souche, Hammât SAL, dont nul ne doute du sérieux, de la disponibilité constante et du savoir-faire, soit porté à la tête de ce secteur. Nous l’en félicitons. Seulement, nous, habitants de l’Île à morfil, nous demandons quel sacrilège nous avons dû commettre pour mériter l’anathème qui nous traque depuis des décennies.

En effet, jusqu’à la fin des « années 60 », Cas-cas, Démet et Saldé, bourgades bien heureuses parce que régulièrement ravitaillées par des péniches comme le Soulac-Bordeaux, le Boufflers, le Mal-enfant, le Sine, le Keur-Moûr et le Bou-el Mogdad, servaient de quais de rupture de charge pour les succursales de maisons de commerce, d’origine marseillaise ou bordelaise, installées dans le Dièri, à savoir, Tantâdji-Galoya, Diorbiwöl et Ngouy pour Saldé.

Depuis le début des « années 70 » coïncidant avec la réalisation effective de la route bitumée Saint-Louis-Matam, nous sommes relégués à l’arrière-plan ; hormis la dernière visite du président WADE à Cas-cas sur invitation du responsable politique local, les officiels des différentes administrations s’arrêtaient et s’arrêtent encore sur le goudron, où, comble d’outrecuidance et de mépris, on nous convoque pour les accueillir.

Pis, nombre de nos sous-préfets, méconnaissant royalement le sacerdoce qui s’attache à leur noble mission, désertent leur poste pour aller se prélasser dans des résidences secondaires sises dans le Diêri. En leur absence, le paludisme et les intempéries de toutes sortes font rage ; les oiseaux granivores et les chenilles de même que les pannes répétitives de nos motopompes annihilent nos derniers espoirs de survie.

L’incurie de ces dirigeants est un secret de polichinelle car, quoique amplement informée de la situation, la hiérarchie a pris le pli de s’enfermer dans un mutisme coupable.

Du reste, selon des informations glanées ici et là, si jamais le département de Podor était érigé en région, aucune des localités de l’Île à morfil ne serait promue chef-lieu de département. C’est comme si les 1700 km², les 75 000 hectares de terres à aménager au profit de l’économie sénégalaise et les 60 mille âmes de la plus grande île du Sénégal ne comptent guère.

Le découpage administratif, un des volets de cet aménagement du territoire, tombe souvent sous l’emprise de pontes politiques ou religieux. Ainsi, sous nos cieux, la création d’entités administratives censées axées sur un schéma avéré de développement de l’espace national, n’obéit pas forcément à des critères scientifiques ou techniques.

L’incongruité précitée est susceptible de générer des remous à amplitude et durée imprévisibles parce que les hautes herbes peuvent avaler les pintades, mais elles ne peuvent avaler les cris des pintades. C’est ce qui nous amène à solliciter l’intervention de Monsieur le président de la république, gardien de l’intégrité territoriale. Il s’agit, dans le cadre d’une prospective territoriale, régionale ou locale conçue comme outil de gouvernance, d’agir avec plus d’efficacité sur les mécanismes de prise de décision du court-moyen terme.

La Mauritanie l’a très tôt et très bien compris qui a accru, en les améliorant considérablement, les fonctions d’anciens villages riverains du fleuve Sénégal devenus, depuis belle lurette, capitales régionales (Rosso, Kaëdi) ou départementales (Keur-Massêne, R’kîz, Mboût, Boghé, Bâbâbé, MBâgne, Maghâma). La RIM n’a pas oublié, loin s’en faut, d’implanter çà et là des postes de sécurité publique et de défense nationale dont l’Île à morfil est totalement et imprudemment dépourvue.

Rappelons que nous sommes dans une contrée non seulement insulaire, mais frontalière et poreuse à l’envi. D’où les nombreuses et recrudescentes dérives auxquelles nous assistons très souvent.

D’ailleurs, lors de l’ultime visite qu’il a rendue à l’Île en sa qualité de ministre de l’Intérieur, le Général Mamadou NIANG, parce que grand stratège au sens militaire du terme, s’était engagé à la doter de brigades de gendarmerie et de commissariats ou points de police. Mieux, le Général avait préconisé la création de communes rurales et Saldé devait en être l’une des têtes de pont.

Aux dernières nouvelles, le projet de communalisation rurale est tout bonnement mis au placard alors que tout récemment, quelque part au Sénégal septentrional, un hameau jusque-là anonyme, a été propulsé commune pendant que des villages plus méritants ont été omis. Où est donc l’équité dont on parlait tant ?

Mesdames et messieurs, nous ne saurions oublier que c’est grâce à la bienveillante sollicitude de son excellence le président WADE que nous devons la construction des ponts de Ngouy et de Médina-Ndiathbé et, depuis janvier 2006, le branchement de Cas-cas et Saldé sur le réseau électrique national. Nous lui en sommes fort reconnaissants tout en exhortant les autorités compétentes à penser aux autres localités de la zone encore dans l’obscurité.

A Monsieur le président de la République nous devons également, et nous l’en remercions vivement, la nomination de notre fille, l’économiste Seynabou-LY MBACKE dite Astou Hâdi Mamadou Hâdi au poste de ministre de l’Entreprenariat féminin et de la Micro-finance.

Nous renouvelons nos félicitations et nos encouragements à Seynabou tout en lui souhaitant la bienvenue sur le sol de ses trisaïeuls Almâmy Mamadou Lamine et l’ancien chef de la province unifiée des Yirlâbé-Hebbiyâbé, Abdoulâye KANE, tous deux artisans de plusieurs belles pages de l’histoire du Foûta.

Parce que statutairement équidistante de toutes les sphères d’influence, l’ADS avait eu une attitude similaire quand d’autres valeureux fils de Saldé, tels le Professeur Abdoulâye Elimâne KANE, le Dr Cheikh Tidiâne GADIO, l’écrivain Ahmadou Tidiâne dit Bâba WÔNE et l’économiste Hammât SAL ont, respectivement, grâce au président DIOUF pour le premier, et au président WADE pour les autres, accédé à cette haute station qui nous honore à plus d’un titre.

Autant toute promotion d’un Saldéen nous réjouit, autant son revers nous affecte. Comme le dit un adage bien de chez nous : d’où que puisse émaner l’averse, l’essentiel est qu’elle soit bienfaisante! Chacun des susnommés s’est, à la mesure de ses moyens et surtout de ses ambitions pour le village, beaucoup investi pour le développement de notre localité. De même que d’autres personnes ici présentes ou, pour des raisons diverses, absentes à cette cérémonie.

Mesdames et messieurs, notre souci primordial est, parallèlement à l’utilisation optimale des barrages (agriculture, hydroélectricité et navigation) d’abord au profit des riverains que nous sommes, que le désenclavement intégral de notre zone soit enfin une réalité. Notre souhait le plus ardent est que l’Île à morfil qui regorge de potentialités de toutes sortes, devienne la Californie du Sénégal.

La qualité et le poids numérique de ses ressources humaines, l’ancienneté de sa tradition agricole, ses richesses et techniques halieutiques, la vivacité et l’exubérance de sa culture et de son artisanat, ses possibilités touristique et commerciale filles de sa situation géographique et de son passé cynégétique, s’y prêtent harmonieusement.

Mesdames et messieurs, chers invités, chers parents, comme vous le savez, l’avenir de Saldé, notre cher village, est viscéralement lié à celui global d’une longue chaîne appelée le Sénégal dont notre bourgade est le premier maillon parce qu’aucune entité, si grande soit-elle, ne peut se développer ex nihilo ou en vase clos. Que nous soyons du Diêri (notre origine) ou du wâlo (notre terre d’adoption), nous sommes tous condamnés à nous unir, à nous entraider, comme, du reste, le Coran nous le recommande dans la sourate 3, verset 103 : « Et cramponnez- vous tous ensemble au câble d’Allah, et ne soyez point divisés…» L’union fait la force, prosaïquement parlant.

« L’avenir est à Dieu » écrivait Victor HUGO. Disons « Evidemment », mais la volonté divine étant insondable, nous sommes persuadés que l’avenir de notre zone dépend aussi de l’effort soutenu de tous et de chacun. D’autant que dans la sourate 13, verset 11, Allah rappelle «En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que (les individus qui le composent) ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes… »

Le dicton : « Aide-toi et le ciel t’aidera » le résume fort bien. A ce sujet, nous saluons l’action du DYWAL ou Dental Yirlâbé-Wâlo, sous le leadership satisfaisant de notre ami le Professeur Amadou Mamadou Camara de Barôbé-Diakel.

En effet, si le collège dit de Saldé a pu ouvrir ses portes en 2008, c’est grâce à l’action concertée de cinq villages : Barôbé, Diâranguel, Saldé, Wallâ et Wâssétâké qui, avec l’apport de généreuses personnes-ressources, en un temps record, ont acquitté une quote-part de 33 millions de francs sur les 110 qu’a coûté le collège.

Ce faisant, ils ont su mettre définitivement fin au drame que vivaient nos enfants obligés chaque année de s’éparpiller dans les collèges de Galoya, Mboumba, Pété et Podor.

Certes, l’hospitalité légendaire foûtanké n’a jamais cessé de fonctionner dans les villages hôtes, mais compte tenu des difficultés que nous vivons tous chez nous, certains élèves n’ont pu mener leurs études à terme. D’où les nombreux abandons scolaires grossissant d’année en année les rangs des sans-travail et partant, de ceux des frustrés de la société.

Sur le plan local et à la dimension de ses possibilités, le DYWAL est venu mettre le holà à l’individualisme notoire donc à l’émiettement de nos forces pour ainsi favoriser l’émergence d’une conscience collective source de progrès, comme du reste, de 1975 à 1978, nous avions tenté de le faire en créant l’AJAS ou Association des jeunes de l’arrondissement de Saldé ou, quelques années plus tard, l’ADEDI, Association pour le Développement de l’Île à morfil, le DEGAS, Dental (union) gouré (villages) arrondissement Saldé, et le DEPAS, Dental pellé (associations) arrondissement Saldé, qui, hélas, tous, pour les mêmes raisons, n’ont pu faire long feu.

L’égo haïssable, cette maladie infantile qui détruit tout sur son passage, est sûrement passé par là. Si, comme il sait le clamer avec véhémence, le DYWAL veut, de manière pérenne, participer pleinement à l’œuvre de développement de la zone cible, il doit, sans jamais y transiger, savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire. Aussi lui souhaitons-nous un parcours long et plein d’éclatants succès.

Nous saluons la bonne volonté de notre Etat annoncée dans le cadre du Millenium Challenge Account. Nous osons espérer pouvoir assister bientôt à la fin de notre enclavement et de notre mal-vivre quasi-permanent.

Mesdames et messieurs, chers invités, chers parents, pour terminer, nous souhaitons la bienvenue à nos honorables hôtes et une excellente réussite au FESMAN en général et aux JEC de Saldé en particulier

Harouna Amadou dit Harouna Rassoulou