Munâsaba de Boubacare : 20 avril 1998

Mawlânâ Cheikh,

L’opportunité donnée à la Jama’a du Sénégal  de s’adresser, à travers notre modeste personne, à cet aréopage d’’arifîna billâh honore et réjouit toute notre collectivité.
Nous remercions notre Guide bien éclairé, Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry, et, par delà son éminence, nos frères et sœurs de Boubacare dont la générosité, le savoir-faire et la courtoisie nous vont droit au cœur.

Qu’ils trouvent ici l’expression de notre sincère gratitude !

Notre propos d’aujourd’hui est de magnifier à juste titre notre guide bien-aimé Mawlânâ Cheikh et, ce, conformément à une injonction divine : « Ô vous qui croyez, craignez Dieu et cherchez celui qui peut vous mener à Moi et rivalisez d’ardeur sur ce sentier afin que vous réussissiez. »

Certes, Mawlânâ Cheikh, comme vous ne cessez de l’enseigner à vos disciples, c’est le prophète Muhammad (psl qui, en sa double qualité d’imâmul mursalîna et de véritable locomotive spirituelle,  conduit les croyants vers Dieu.
Ce qui nous réconforte davantage c’est le fait que le Prophète (psl) ait dit à notre guide  Mawlânâ Cheikh Ahmad At-Tidjâni : «Tes compagnons sont mes compagnons, tes disciples sont mes disciples ».

Dans Djawahirul Mâni rédigé par Seydî Aliy Harâzim, Cheikh Ahmad at-Tidjâni a  dicté ce qui suit : « C’est l’existence muhammadienne qui reçoit tout ce qui émane de la présence de Dieu, et c’est le corps des prophètes qui reçoit tout ce qui émane de la présence mohammadienne, et c’est moi (Cheikh Ahmad at-Tidjâni) qui reçois tout ce qui émane de la présence des prophètes et c’est de moi que tout est acheminé vers toutes les créatures ».

Notre Guide, le Cheikh-al-islam El-Hâdj Ibrâhîm NIASS, réputé pour ses talents inégalés de formateur pragmatique, d’éducateur émérite et d’ « élévateur » hors pair conduisant à Dieu  et non jamais à soi-même, a renforcé en écrivant : « Le Cheikh Ahmad at-Tidjâni  a reçu du Prophète  tout ce que ce dernier avait reçu de Dieu. Nul ne peut rien obtenir sans passer par lui depuis que la prophétie (nubuuwa) a cessé et est  remplacée par la sainteté (wilâya). »

Dans Ruhul Adab, (ou l’esprit de la bonne conduite), alors qu’il n’avait que 22 ans,  Bâye a écrit : « Dieu a parfait mon ouverture (à la connaissance) alors que j’étais bébé si bien que tous les hommes du caché sont dans ma main. Je suis leur maître ».
Nous, disciples de Cheikh Bâye, devons en être fiers d’autant que le Prophète (psl)     nous y autorise, lui qui proclame : « Chacun s’accompagne de celui qu’il aime ». Nous aimons et adorons Bâye, comme nous le recommande chaque instant son disciple et continuateur Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry, le restaurateur de la faydhâ.

Mawlânâ Cheikh, nous savons combien vous êtes humble, mais nous ne pouvons taire ce que nous sentons, ce que nous savons.
Que tous ceux qui ont la chance d’être ici et maintenant sachent que  c’est Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry qui incarne de nos jours les charges tant recherchées de Prince des Saints de Muhammad  qu’il a héritées de Bâye  et ce dernier de Cheikh Ahmad at-Tidjâni.
Aujourd’hui, tous ceux qui recherchent, la fanâ, c’est-à-dire la disparition totale des mauvais attributs ; tous ceux qui aspirent à l’annihilation par la baqâ ou existence éternelle…tous ceux-là n’ont que deux directions : Madîna-Bâye-l’hospitalière, Madîna-l’éternelle, point de départ de toute  la barakâ dont nous tirons le plus grand profit et Boubacare-la-pieuse, sa sœur et dévouée cadette.

Notre Guide est aussi  celui dont la justesse des propos et le raffinement du savoir font de lui l’Axe du vrai savoir, le détenteur du savoir juste et utile…
Mawlânâ, Allâh le Tout-puissant, en faisant allusion aux Pôles  comme vous, dit : « Regarde comme j’ai privilégié quelques-uns des esclaves sur les autres et c’est dans la dernière demeure que les mérites des uns sur les autres vont être plus visibles ».

Mes frères et sœurs disciples des trois Cheikh : Cheikh Ahmad at-Tidjâni, Cheikh Ibrâhîm NIASS et Cheikh Ould Khaïry, n’est- ce pas un motif de satisfaction ?
A travers Cheikh Ould Khaïry nous avons la chance de retrouver les trois dans « UN », car notre guide est la synthèse la plus achevée, l’incarnation la plus parfaite de ses prédécesseurs.

Aussi devons-nous nous glorifier de cette confidence faite par Cheikh Ah at-Tidjâni: « Le prophète Muhammad (a. s.s.) m’a dit : tu es mon ami et quiconque t’aime est mon ami, tes compagnons sont mes compagnons, tes fuqqara’u sont mes fuqqara’u, tes disciples sont mes disciples ».

D’où  la pertinence de cette injonction de Bâye : « Disciple, confie-toi entièrement à ton maître, sois comme un cadavre à ses côtés en acceptant par cette insensibilité du cadavre tout ce qu’il te fait ou te fait faire et sois constant dans cet état … tu seras ainsi informé de cette connaissance que tu cherches auprès de lui, c’est-à-dire parvenir à ton Seigneur  ».

Si nous aimons notre Cheikh du plus profond de notre être, grâce à Dieu, nous arriverons à la finalité que Mawlânâ El-Hâdj Ibrâhîm NIASS (Bâye ou Barham pour les intimes) présageait pour tout disciple acceptant volontiers d’être insensible comme un cadavre. Aussi lui dédions-nous ce poème  à Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry :

Mawlânâ Cheikh  Ould Khaïry,
Vous qui, à l’image du célèbre Phare d’Alexandrie,
Par votre brillance, éclairez de vastes espaces,
Le monde entier sollicite vos bonnes grâces.

La faydhâ dont vous êtes le  restaurateur,
Après Cheikh at-Tidjâni son illustre concepteur,
Et Cheikh Ibrâhîm son  très doué vulgarisateur,
A choisi Madîna et Bûba  comme ultimes protecteurs.

Fanâ et baqâ, concepts de taille,
Y sont vécus comme  le recommandait Bâye.
C’est ainsi que des quatre coins de notre planète
Accourent  maîtres  et aspirants  que rien n’arrête.

Là, les célèbres accoucheurs de conscience,
Tous agrégés de la  sublime Science,
Sur instruction de Mawlânâ Cheikh, sage autorité,
A  l’enthousiasme de tous, dissèquent  l’Entité.

 C’est  dans  cette atmosphère de saine émulation
Que s’opèrent  les  véritables mutations.
Venant à bout du chirk le plus grave,
Nos muqadams sont tous généreux et braves.

C’est  Thierno Ibrâhîm DIALLO  qui guide nos pas,
Que, pour longtemps, Dieu le garde du trépas.
Il a ouvert nos cœurs à la science gnostique.
Nous louons son courage et sa carrure mystique.

Frères et sœurs qui  lisez ce témoignage,
Soyons probes et respectons le bel héritage,
Aimons  Bâye  NIASS et assimilons les neuf Degrés :
Seuls viatiques pour accéder à l’unique Source du Progrès.

Mawlânâ Cheikh,  à vous et à toute la sainte famille de Mawlânâ Cheikh Ibrâhîm NIASS,  nous souhaitons une vie très longue, empreinte de bonheur, de prospérité et de santé. Nous formons les mêmes vœux pour votre illustre famille, vos muqadams et l’ensemble des disciples et des invités à  cette auguste assemblée. Amen !