Munâsaba de Boubacare : 20 avril 2000

Mawlânâ Cheikh,

Encore une fois, nous remercions le Tout-puissant d’avoir bien voulu agréer notre projet de revenir à Boubacare- la- pieuse.
Nous revoilà donc dans la cité de la félicité, aux côtés du chantre de la faydhâ, le prince des vivificateurs de la foi, Mawlânâ Cheikh Ibrâhîm Ould  Khaïry.

C’est donc à la fois un grand bonheur doublé d’un honneur incommensurable que nous éprouvons en ce moment précis où nous faisons face à celui à qui nous avons offert non seulement tout l’amour de notre cœur, mais aussi et surtout notre souffle, c’est à dire la condition de notre existence.

C’est dire que notre présence à Boubacare, la lumière de la Tidjâniyya, est une obligation. Nous nous y retrouvons auprès de celui sans qui la faydhâ post-ibrâhîmienne serait statique dans un monde où l’informatique et la génétique, malgré leur utilité avérée, pourraient, si on n’y prend garde, servir de vecteurs inavoués à un nihilisme, certes rampant aujourd’hui, mais combien dévastateur demain !

Dès lors, la ziyâra du 20 avril est une opportunité unique pour tous ceux  pour qui le soufisme garde encore ses lettres de noblesse, du fait qu’ils ont la possibilité d’y communier directement avec le Guide en présence des docteurs de la ‘ma’arifa’, de leurs auxiliaires, des disciples, et d’illustres invités venus des quatre coins du monde.
Ces retrouvailles annuelles doivent donc être perçues comme de grands moments de spiritualité, mais aussi d’amabilité entre des disciples partageant le même idéal.


Si tel est vraiment le cas, tous ceux qui se réclament de Mawlânâ Cheikh Ibrâhîm NIASS doivent se tendre la main, serrer leurs rangs pour bâtir une entité indivise, capable de résister à tous les coups de boutoir ; une entité fortement prémunie contre d’éventuelles forces centrifuges car c’est l’union des cœurs et des esprits qui doit être le ferrement de notre grande jama’a.

Notre Guide, par la parole et par le geste, ne cesse de donner l’exemple. A nous de nous montrer dignes de lui  en ne cultivant que les seules valeurs que Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry  nous a toujours inculquées.

Celles-ci se fondent sur le Coran, les hadiths du prophète Muhammad (ass), la târîqâ  tidjâne et la faydhâ ibrâhîmi, c’est à dire la shari’a, la târîqâ et la haqîqâ, autrement dit : l’islam ou pratiques extérieures fondamentales), l’iman ou foi intérieure,  et l’ihsan, comportement parfait où l’homme se meut sous le regard constant de Dieu qui «  pénètre et emplit » les organes de Sa créature.

Voilà pourquoi une organisation réunissant tous les dâhiras du Sénégal et de la Gambie est une nécessité absolue pour, entre autres activités, préparer les rencontres (munâsaba), coordonner la collecte des différentes contributions (khidma) et, parallèlement, renforcer l’information et la formation (tarbiyya) des disciples , choses sans lesquelles rien de vraiment viable ne peut prospérer.
Les compétences existent ; il convient tout simplement de bien les identifier  pour pouvoir les utiliser à bon escient. Nous pensons par exemple aux serviteurs (muqadams) du Cheikh dont le rôle de meneurs d’hommes n’est plus à démontrer.
Ces soldats infatigables ne ménagent ni leur temps, ni leur santé, encore moins leur vie de famille pour, avec la bénédiction du Cheikh, contribuer au triomphe de l’idéal d’unité. Il est du ressort de chacun d’entre nous d’agir pour transformer cet idéal en réalité objective.
Pour ce faire, nous avons élaboré un projet de coordination des jamîya du Sénégal et de la Gambie, coordination structurée en commissions spéciales sous la conduite d’un Secrétariat Exécutif opérationnel dont l’efficacité pourrait porter remède à moult errements auxquels nous assistons ici et là.

A notre humble avis, la gestion administrative efficiente de la jama’a de Mawlânâ Cheikh est la priorité des priorités.

Telle est la modeste contribution venant d’un disciple dont le seul souci est de mieux vous servir dans une  jama’a plus grande, plus unie et plus solidaire.
Parce que spirituellement armée de la faydhâ, la jama’a de nos vœux, pour être plus forte, doit résolument se tourner vers  l’avenir, d’où un appel pressant à l’esprit d’organisation et de méthode.

Mawlânâ Cheikh, nous formons pour vous, pour votre sainte famille, pour vos invités et vos disciples, les meilleurs vœux de santé, de bonheur et de prospérité.
Qu’Allâh  vous protège et unisse les membres de notre jama’a au sein de la grande famille du Cheikh- al -islam  El-Hâdj Ibrâhîm NIASS !  Amen !

Merci