Plaidoyer pour une prise en compte des réalités socio-historiques et géopolitiques de Saldé

A  Monsieur le ministre de l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales de la République du Sénégal

Objet : Plaidoyer pour une prise en compte des réalités spécifiques de la partie orientale de  l’île à Morfil de l’arrondissement de Saldé dans le cadre de l’Acte III de la Décentralisation.

Monsieur le ministre,

Suite à la parution dans la presse de la nouvelle formulation de l’Acte III de la Décentralisation  en sa partie relative à l’érection des communautés rurales actuelles en communes de plein exercice,    le 21 novembre dernier nous avons  adressé  une lettre ouverte (Plaidoyer) à Monsieur le président de la République pour attirer son attention sur le caractère  spécifique de notre contrée située dans la partie orientale de  l’île à Morfil.

Pour appuyer ce Plaidoyer, le 15 décembre dernier, nos  délégués issus des  villages de Barôbé-Diackel, Diâranguel, Sinthiou-Amadou-Maïriam, Gourel-Samba-Abdoul, Toufndé-Gandhé, Wallah, Wâssétâké  et une dizaine de  hameaux, se sont rencontrés à Saldé, chef-lieu de la sous-préfecture, pour manifester leur vive déception face à ce qu’ils considèrent comme une incohérence manifeste  dans la répartition spatiale des nouvelles communes.

Car, en plus de notre insularité qui rime avec un enclavement ardu pendant les trois mois d’hivernage et, ce, malgré la construction des barrages de Ngouï et de Madina-Ndiathbé, nous dépendons de la communauté rurale  de Boké-Dialloubé située dans le Diêri  auquel ne nous lie ni la proximité ni l’unité géographique, encore moins notre commun vouloir de vie commune.           De plus, pour nous y rendre, nous  sommes obligés de traverser  le marigot de Doué et  le territoire de la commune de Pété, ce qui, en soi, constitue une contrainte majeure.

Ainsi, lors de notre rencontre précitée, nous avons réitéré notre détermination à vivre  en parfaite harmonie à l’image de  nos aïeuls, grands et proches parents quand Saldé était chef-lieu de cercle, puis de province, de canton, d’arrondissement et enfin de sous-préfecture.

Aujourd’hui,  nos enfants fréquentent le même lycée bâti grâce à notre effort personnel avec l’appui de nos partenaires français. Collectivement,  de 1989 à 1994, nous avons exploité  la Cuvette rizicole Saldé-Wallah dont la réhabilitation est annoncée pour bientôt.

Monsieur le ministre, nous souhaitons la scission de notre  communauté rurale en deux entités distinctes: l’une située dans le Diêri et centrée  sur Boké-Dialloubé et l’autre installée dans le Wâlo (île à Morfil) autour de  Saldé. Le procès-verbal ci-joint fait foi de notre engagement irréversible pour l’adoption de  cette solution salutaire.

Dans l’attente d’une suite favorable à la présente requête, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre haute considération.

Dakar, le 29 décembre 2013
Le président de l’A.D.S.
Harouna Amadou LY dit Harouna Rassoul