Visite de Mawlânâ Cheikh Ibn Khaïry, Novembre 1998

MAWLÂNÂ CHEIKH,

Dieu le Tout-Puissant a bien voulu faciliter notre rencontre ici à la cité S.H.S. et agréer notre assemblée de ce soir. Nous L’en remercions et formons le vœu que les propos qui seront tenus ici et maintenant soient tous  bénis par Allâh, le Très-Haut !

Frères et sœurs bien heureux témoins de la munâsaba de la cité S.H.S, si nous sollicitons chaque année la visite de Mawlânâ Cheikh à la cité as-Sabru c’est parce que c’est une opportunité de plus pour nous ressourcer à travers  le message  de haute facture spirituelle qu’il  prononce ici depuis octobre 1995.

Voilà pourquoi nous apprécions à juste titre les gros efforts que déploie chaque année notre Cheikh en effectuant  le voyage long et pénible le conduisant de Boubacare-la-pieuse à Dakar. C’est dire que Mawlânâ Cheikh a rempli tous ses devoirs à l’endroit des disciples.

A notre tour de nous demander ce que nous devons faire pour notre guide.
Si nous arrivons à identifier tous nos devoirs, nous devons aussi avoir la sincérité d’apprécier ce que nous avons fait, non pas pour admirer béatement nos réalisations  (si réalisations il y a eues), mais pour nous efforcer  de les améliorer.

Mawlânâ Cheikh, le thème de notre allocution de cette année est axé sur les devoirs du disciple à l’endroit de son maître. C’est un sujet très vaste et, comme nous n’avons pas la prétention d’en aborder toutes les facettes, nous en avons choisi deux, à savoir : l’amour pour le maître et le service rendu au maître.

Le Cheikh al-islam El-Hâdj Ibrâhîm NIASS dans Ruhul Adab, recommande au disciple d’aimer son maître d’un amour sincère et élevé ; c’est la seule voie pour l’aspirant d’obtenir la consécration. Mieux, l’amour pour le maître est proportionnel aux dons dont ce dernier gratifiera  ses disciples. Chacun récolte ce qu’il a semé, dit l’adage.

Du reste,  selon Cheikh Bâye, ces dons qui passent par l’intermédiaire du maître  émanent de Dieu… et le Prophète (psl) en est le distributeur (qâsim). Cela signifie que le maître est la courroie de transmission entre Dieu  et le disciple par l’entremise de la chaîne dorée dont les chaînons sont : le Prophète (psl), Cheikh Ahmad at-Tidjâni  et Mawlânâ  Cheikh Ibrâhîm dont  vous êtes l’héritier spirituel.

Se rapprocher de vous procure encore d’autres bienfaits car comme l’a dit le Prophète Muhammad (psl) : « La parole des docteurs (donc des maîtres) redonne la vie au cœur brisé des disciples et ravive leur ardeur à marcher dans la voie de Dieu ».
Ce hadith explicite davantage le verset où Dieu dit : « Là où la parole des hommes d’élite se fait entendre, la miséricorde du Très-Haut tombe en rosée bienfaisante et là où tombe la rosée de la miséricorde, ceux qui parlent comme ceux qui écoutent ne seront pas frustrés de leur part ».

L’amour pour les hommes d’élite est magnifiée par la supplique de l’imam Muhammad Khârezmi dans le Mémorial des Saints (p 19), où il invoque : « Mon Dieu,  admets-moi dans les rangs des hommes d’élite et crée dans mon cœur à leur égard une douce vénération que rien ne puisse arracher ».
Telle devrait être la prière  quotidienne de chaque disciple.

Chers frères et sœurs, ces quelques citations nous confortent dans l’amour que nous éprouvons pour notre guide, notre maître, cette élite des â’arifîna billâhi, Mawlânâ Cheikh Ould Khaïry, porte-drapeau de la faydhâ révélée par le Cheikh-al-islam El-Hâdj Ibrâhîm NIASS lui-même sanctuaire de la science et guide incontesté de tous les hommes d’élite sous l’impulsion du vénéré Cheikh Ahmad at-Tidjâni, summum de la sainteté.

Mais cet amour est en deçà des bienfaits que nous tirons de la seule présence du Cheikh parmi nous et ce, nonobstant l’intérêt majeur que revêtent ses discours désormais historiques car chaque mot, voire chaque lettre de son sermon, pèse plus lourd que l’ensemble des cadeaux que nous procurons au Cheikh parce que ces biens sont périssables alors que la parole du Qutb-al-â’arifîna vient de Dieu  et rien  de divin ne s’efface ni ne se perd.

L’amour pour le maître doit aller de pair avec les égards que nous lui devons.  Eviter de l’importuner, de le déranger dans ses moments de recueillement, est une règle élémentaire que chaque disciple doit observer.

Méditer l’exemple de Cheikh Muhammad Michriy à l’endroit de Bâye doit être la seule attitude à adopter. Le patriarche de Mâta-Mulâna ne voyait  Bâye qu’à la demande de ce dernier et tout ce qu’il possédait revenait au Cheikh al-Islam. Pour ainsi dire, Michriy fut le parfait exemple du serviteur dévoué, généreux, efficace mais discret.

A présent, nous allons aborder la deuxième partie de notre entretien : Que devons-nous faire pour le maître?
Le Prophète Muhammad  (sas) a dit : « Il existe deux traits de caractère que  rien ne dépasse  en bien : la foi en Dieu et le service rendu aux Serviteurs de Dieu. »

Ces serviteurs de Dieu sont ceux qui dépensent leur force et leur savoir et très souvent leurs biens pour nous mettre sur le droit chemin. Ce sont eux les continuateurs de la mission du Prophète Muhammad (sas) en tout temps et en tout lieu et qui, à l’image des preux guerriers de la bataille de Badr, incarnent  le rôle sublime de combattants au service de Dieu.
Et comme le dit un hadith : « Celui qui équipe un combattant au service de Dieu a le même salaire (auprès de Dieu) que lui, et celui qui remplace dans le bien un combattant dans sa famille a le même salaire que lui ».
C’est dire que nos biens et notre temps n’ont de sens que quand nous les mettons au service du maître-combattant-au-service-de-Dieu. Nous devons être les serviteurs zélés du Maître car c’est ce qui purifie nos biens.

C’est ainsi que le prophète Muhammad (s a s)  a demandé  à Dieu : «  Ce que Tu m’as accordé de ce que j’aime, fais en pour moi une force dans ce que Tu aimes…Et ce que Tu m’as caché de ce que j’aime, fais-en pour moi une disponibilité dans ce que Tu aimes. »
Cheikh Bâye recommande : «Dépense beaucoup et continuellement ta force et ton avoir en vue d’obtenir l’agrément de ton maître ; c’est ce qui détermine le rang des disciples et permet plus sûrement l’intervention du Prophète ».

Pour le disciple, le maître est le passage obligé  pour accéder à Dieu.
Nous qui avons la chance de côtoyer souvent notre maître, savons ce que signifie le service rendu « Khidma »  au Pôle. Mais le savoir seulement ne suffit pas, il faut méditer l’exemple des grands bienfaiteurs du Cheikh, mieux il faut traduire leur exemple dans nos actes de tous les jours  d’autant que Dieu promet : « Tout ce que vous dépensez (au service de Dieu), Il vous le remplace » (S.34. V. 39).

Ainsi, «tout ce que vous dépensez comme bien, c’est pour vous-même. Vous ne dépensez qu’en vue du visage de Dieu. Tout ce que vous dépensez comme bien vous sera rendu et vous ne subirez aucune injustice. » (S.2 V. 272).
Le troisième verset dit : « Tout ce que vous dépensez comme bien, Dieu le sait parfaitement. » (s.2 v. 273).
C’est dire qu’il n’est guère besoin de clamer sur les toits quand on ne fait que remplir un de ses nombreux devoirs !
Chers condisciples, qu’on ne nous prenne point pour des donneurs de leçons ; nous n’en avons ni le savoir ni le pouvoir ; nous ne sommes qu’un modeste aspirant qui aime  son maître et souhaite suivre l’exemple des disciples les plus fidèles et, ce,  pour mieux le servir pour tout le restant de sa vie.

Mawlânâ Cheikh, à vous et à toute votre délégation, nous souhaitons la bienvenue sur la terre d’as-Sabr wal-Hikmat was-Salâm.

Une réflexion au sujet de « Visite de Mawlânâ Cheikh Ibn Khaïry, Novembre 1998 »

  1. revois un peu la source de ton histoire tu as cité beaucoup de village malheureusement j ne vois ni diaba ni mboumba almamy youssouph ciré Ly est la base.

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