Bâye Niass, l’éducateur permanent

Comme, de plus en plus, il est question de s’approprier l’œuvre intellectuelle et spirituelle de certains de nos chefs religieux ( en tout cas les plus féconds), rappeler quelques grands axes de celle monumentale de Mawlâna Cheikh Ibrahima Niass est d’une nécessité impérieuse. En attendant que des voix plus autorisées que la nôtre s’y penchent davantage.

Cet homme de Dieu, ce guide éclairé est incontournable si on tient à goûter à la quintessence de la Faydu Tidjânie (la grande crue cognitive) telle que Mawlâna El-Hadj Ibraahima Niass dit Bâye l’a révélée en fin 1929, propagée quarante-six ans durant et que Cheikh Muhammed El- Mishry, un de ses disciples les plus fidèles, a pratiquée et enseignée en Mauritanie.

C’est de cette grande âme, ce connaissant d’Allah, que, en partie, Cheikh Ould Khaïry tient son érudition gnostique et son amour pour la Science sublime.

Seulement, bien avant que Cheikh Ould Khaïry ait atteint l’âge scolaire, son vase cognitif était déjà plein parce qu’il a bénéficié de l’encadrement spirituel de son père Sîdy Ould Khaïry, un as de l’asraar, et de sa mère Dayya mint Add, une femme pieuse et généreuse. Très tôt, le très doué aspirant fit le tour des cités réputées hauts centres de formation spirituelle.

Médina-Bâye, l’éternelle cité-phare où Mawlânâ Cheikh Ibrahima Niass et ses disciples ont élu domicile à partir du vendredi 03 avril 1931, Mâta-Moulâna (don de Dieu), bourgade lumineuse fondée en 1958 par Seydi Muhammed Mishry (père de Hadj Mishry l’actuel guide de la famille), Boubacar -la-pieuse (localité ressuscitée le dimanche 30 avril 1978 par les ahlul Khaïry et alliés), avec Taïba-Niassène où Bâye Niass a vu le jour le jeudi 08 novembre 1900, Kôssi dont la terre bienheureuse renferme les sépultures de plus de quarante shorfas qui étaient venus se désaltérer à la Source, Bareyn, le fief de Cheikhâni, ribât où a vécu Cheikh Mouhammad Ould Nahwy, Lemdâni, bourgade de Cheikh Abdallah Djédjouba, et tant d’autres cités, ont constitué ou constituent encore les principaux foyers d’imprégnation, de promotion et de diffusion de la tarbiya tidjâne: la gnose par le biais de l’éducation spirituelle.

Le point de départ, c’est une vision généreuse de Mawlânâ Cheikh Ahmed Tidjâne Chérif (RTA) présageant l’avènement d’un homme de Dieu de teint noir qui, en un moment trouble du monde, prendrait en charge la restauration de la Târiqa Tidiâne.

Après moult tergiversations et de nombreux tests infligés à des prétendants dont de nombreux prétentieux, la plupart des saints capables de lier et de délier estimèrent que Ibra Asta alias Bâye Niass (alors seulement âgé d’une dizaine d’hivernages), était ce missionnaire tant attendu .

Plus tard, les enseignements (faits, gestes, écrits et prêches) que ce prodige développait (dont « Ruhul Adab » ou « Esprit de la bonne conduite », qu’il a rédigé quand il n’avait que 21 ans), confirmèrent cette prédiction.

D’ailleurs, de nos jours, la philosophie de cet homme multidimensionnel s’articule autour de la « tarbiya » Tidiane telle que Mawlâna Cheikh Ahmed Tidiane Chérif la dispensait à ses disciples.

La postérité de Seydî Barham Abdullah NIASS, le chef religieux africain le plus fécond et le plus populaire de sa génération et dont, pratiquement, l’audience embrasse tous les continents, avec plus de 100 millions d’adeptes, assure, avec un brio jamais égalé, la défense et l’illustration de la Faydu Tidjâne.

Celle-ci renvoie à une effusion fulgurante, à une accélération par rapport au flux habituel.

Dans le langage soufi, le terme Fayda ou Faydu désigne conventionnellement le summum de la faveur divine qui ouvre la porte du bonheur éternel « à celui qui s’est élevé à la station de la perfection ou de la vertu (al-ihsâne). »

« La Faydu est le déploiement ultime de la bienfaisance seigneuriale en ce dernier cycle de l’humanité et qui apparaîtra au point le plus occidental du globe pour se propager rapidement par le biais d’hommes à propos desquels il est dit dans é hadith : « il y aura toujours dans ma communauté un groupe qui se distinguera par la vérité . Ni l’animosité, ni le dénigrement de leurs ennemis ne leur nuiront..

« La Faydu est encore le savoir qui rapproche le serviteur de son Seigneur à la distance qui sépare les deux cordes d’un arc tendues au maximum et qui dans ce cas sont près de se toucher ou même plus. »

Après la disparition de ses frères aînés: El-Hadj Abdullah Ibrahima Niass, l’érudit, (1928-2001), et Cheikh Ahmed Dâm Ibrahima Niass, le sage, (1930-2010), très conscient des responsabilités qui pèsent sur ses saintes épaules, Cheikh Ahmadou Tidjâne Ibrahima Niass, l’actuel calife de la Fayda, perpétue et renforce le lourd héritage. Qu’Allah prolonge la vie et bénisse l’œuvre de cette force tranquille dont, à juste raison, la Ummah s’enorgueillit de la sagesse et du savoir incommensurable!

Si vous voulez parvenir à la Haqîqa (quête perpétuelle de la vérité absolue symbolisée par la formule initiative « Lâ illaha illa Allah »), alors faites un tour dans ces cités religieuses où le zikrullah en groupe ou en solo est quasi permanent.

« En tant que plantation du paradis, le Zikr est la source du bonheur ici-bas et dans l’au-delà. Il chasse Chaïtan, affranchit du feu, protège contre l’oubli, satisfait le Seigneur, attire et facilite la subsistance, habille l’invocateur de vénération tout en lui servant de lumière dans ce bas monde, dans sa tombe et le Jour de la résurrection. »

À l’opposé d’une pratique en cours dans certains milieux, dans l’obédience niassène fréquentée par des centaines de shorfas et des millions d’érudits venant des quatre coins du monde, la Connaissance (co-naissance ) sublime, ou ma’rifa billah, est à la portée de quiconque désire l’obtenir dans les règles de l’art.

La transmission du Savoir y est une réalité objective. Mieux, sans nullement être édulcorée, l’éducation spirituelle y est tout de même démocratisée et popularisée. À chacun selon ses besoins, à chacun selon ses capacités intellectuelles: réceptivité, solidité et confidentialité.

Harouna Amadou LY dit Harouna Rassoul, serviteur de Mawlânâ Cheikh Ibrahima NIASS; disciple de Cheikh Ould Khaïry sous la bannière de feu Thierno Harouna SOW, par l’entremise de Thierno Ibrahima Mahmoud DIALLO responsable moral de la Jama’a de Dakar.

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